
Tora ! Tora ! Tora …Crédit photo Dimitri Vandenbulcke.
Le 7 décembre 1941, à 5h 45, après avoir reçu l’autorisation de Tokyo de lancer l’attaque sur Pearl Harbor, et sans tenir compte de possibles négociations avec les États Unis, une patrouille d’A6M2b décolle d’un porte-avions de la flotte japonaise. S’en suivent ensuite 189 autres appareils, puis 172 avions de la force d’attaque N°2. Les cibles ? Les navires US mouillés dans la zone de Pearl Harbor.
Le nouveau radar de l’US Army détecta l’arrivée des avions depuis la station d’Opana, mais pensant qu’il s’agissait d’un exercice, les opérateurs prévinrent les autorités compétentes. Mais il était déjà trop tard… à 8h 30, tous les objectifs étaient atteints, et à 9h 45, l’attaque était achevée. Le vice-amiral Nagumo put alors adresser le message «Tora», qui signifie tigre en japonais, indiquant à son commandement que l’effet de surprise était complet.
Sur le terrain de la Ferté-Alais, une reconstitution de cette célèbre attaque se déroule sous les yeux du public. Quelques uns sont surpris par les explosions toujours très impressionnantes, déclenchées par les artificiers sous l’oeil attentif des pompiers. Un balai de North American T-6, Boeing P-13 Kaydet, Zéro modifié et P-40 s’élance alors sur la piste.
- North American AT-6C
- North American T-6G
- North American T-6G
- North American T-6G
- AT-6M modifié « Zero »
- Boeing P-13D Kaydet
- North American T-6G Texan
- North American T-6G
- P-40N-5-CU Warhawk
Depuis quelques années déjà, les organisateurs nous ont habitués à inscrire au programme du meeting une présentation de Wings walker, et au cours de cette édition 2018, la tradition a été respectée. C’est le couple italien à bord d’un Boeing PT-13D qui a évolué au dessus de nos têtes. Le wing walking est un concept simple, il consiste à harnacher une personne à un mât au dessus de l’avion, ou sur une des ailes, ici en l’occurrence c’est Madame qui se promène sur l’aile. Les gestes sont précis, et gracieux, ils accompagnent les arabesques réalisées par un avion rose et blanc dans un ciel bleu azur… quel spectacle !!

Wings walker Boeing PT-13D – LFA 2018
Longtemps nous avons attendu ce moment, ce moment où l’équipe des Casques de cuir, association créée par Monsieur Jean Baptiste Salis en 1933, a pu nous présenter au sol et en vol, un des avions de sa collection, le mythique Corsair F4U-5N (Bu N°124724). Il aura fallu 10 longues années pour restaurer l’avion. Quel travail exceptionnel réalisé par une poignée de passionnés, qui patiemment, méthodiquement, – on pourrait ajouter amoureusement -, a œuvré d’arrache-pied pour que l’avion puisse à nouveau prendre l’air.
La conception du Corsair remonte à 1938, à cette époque, l’US Navy émis le souhait de s’équiper d’un nouveau chasseur embarqué à hautes performances pour remplacer les Brewster F2A et Grumman G-36. Rex Beisel, ingénieur en chef de la firme Vought-Sikorsky proposa un chasseur propulsé par un moteur Pratt & Whitney R-2800. Le prototype fit son 1er vol en mai 1940. A son époque, le Corsair était capable de surclasser non seulement les meilleurs chasseurs japonais, mais aussi n’importe quel appareil allié. Nombreux sont ceux qui voient en lui le meilleur chasseur à moteur à piston jamais construit. Il fut produit jusqu’en 1952.
L’appareil appartenant à la collection de Monsieur Jean Baptiste Salis, fut construit en 1951 pour l’US Navy puis revendu au Honduras, et enfin est arrivé en France en 1986.
Corsair F4U-5NL – LFA 2018
Après ce petit moment d’émotion, vient le tour de la “Classic formation” composée d’un Douglas DC-3C, un Douglas C-47, un Beechcraft 18 Twin Beech Expeditor, un Beechcraft CT-128 Expeditor et un Beechcraft 3TM.
Arrêtons nous un moment sur le plus célèbre d’entre eux, le Douglas DC-3 et sa version militaire, le C-47. Cet avion conçu en 1934 a connu une incroyable longévité. D’une robustesse peu commune, et doté d’une réputation solidement établie auprès des grandes compagnies de transport aérien américaines, il éveilla assez vite l’intérêt des responsables de l’Army Air Corps. Ceux-ci décidèrent d’en équiper une partie de leurs formations de transport.
Ce monoplan à aile basse cantilever, était de construction entièrement métallique, l’aile étant constituée d’une structure multilongeron dérivée de celle du DC-1, quant au fuselage, il était de section presque circulaire. Il était équipé d’un train d’atterrissage escamotable et à roulette de queue orientable et d’un empennage réalisé lui aussi en métal. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, 10.692 exemplaires de cette machine volante avaient été assemblées aux États-Unis. Quelques 2.000 unités ont également été construites en ex Union Soviétique sous la dénomination de Lisounov Li-2.
Cet immense succès venait en particulier de la solide réputation de fiabilité et de solidité qui entoura dès son entrée en service, le fin bimoteur de Douglas.
Convaincue des grandes potentialités de l’avion, mais aussi de l’excellence de sa conception, l’US Army demanda au constructeur d’étudier une version de transport militaire. Les études montrèrent la nécessité d’équiper l’appareil de moteurs plus puissants, de renforcer la structure du fuselage arrière, du plancher de cabine, et enfin de l’équiper de grandes portes de chargement. C’est ainsi que naîtra la version militaire du Douglas DC-3 qui reçu la dénomination de C-47 Skytrain.

Douglas C-47B – LFA 2018

Douglas DC-3C LFA 2018

Beechcraft Expeditor 3TM (Beech 18) (N184KP) – LFA 2018
Un autre avion mythique que nous avons maintenant l’habitude de rencontrer au meeting de la Pentecôte, ne sont autre que les MD-311 et 312 Flamant, provenant de la maison Dassault. Marcel Dassault, de son nom d’origine Marcel Ferdinand Bloch est un jeune ingénieur issu de l’École Supérieure d’Aéronautique et de Construction Mécanique (actuellement Supaéro), dont il sort diplômé en 1913. Passionné par les exploits des aviateurs de son époque, il s’associe à Henry Potez en 1915. Esprit inventif, il se lance à titre privé dans la création de l’hélice Eclair pour avion. Les performances de cette dernière lui permettent d’être retenue et utilisée par l’aviation française durant la Première Guerre Mondiale. Le parcours aéronautique et industriel exemplaire de Marcel Dassault lui a permis de devenir au fil des années, un des leaders mondiaux de l’aéronautique civile et militaire.
Mais revenons à nos Flamant. Destinés à servir essentiellement dans les unités de l’Armée de l’Air stationnées en outre-mer, ces appareils furent livrés aux escadrons d’Afrique Occidentale Française dans les années cinquante. La première des trois versions réalisée fut le MD-311, un avion d’entrainement au bombardement, à la navigation et à la photographie (39 unités construites). Le MD-312, appareil de liaison et de transport pour passagers (6 personnes) avec un certain degré de confort, fut produit à 144 exemplaires qui servirent longtemps dans l’Armée de l’Air. Le Flamant restera en service jusqu’en 1982, pour l’école multi-moteurs d’Avord. Les deux exemplaires présentés sont basés sur l’aéroport d’Albert-Picardie à l’Amicale des Avions Anciens d’Albert où ils sont entretenus et amoureusement bichonnés par une équipe de bénévoles.

Dassault MD-311 et 312 Flamant – LFA 2018
Deux époques d’aviation traversent maintenant dans le ciel de Cerny, le Morane Saulnier MS.406 et le F/A-18 Hornet de la Swiss Air Force. Conçu à la demande du ministère de l’Air en 1934, le Morane-Saulnier MS.405, puis dans sa version améliorée le MS.406, fut commandé par le ministère de l’Air à 1.000 exemplaires. Au moment de la déclaration de guerre, à peine plus de la moitié avait été livrée. D’emblée, l’avion se montra inférieur au Messerschmitt Bf 109E allemand. Dans les dix premiers mois du conflit, les unités équipées de MS.406 revendiquèrent la destruction de 175 appareils ennemis, mais pour la perte de plus de 400 des leurs. Chasseur monoplace (France) à aile basse, l’appareil possédait une cellule entièrement métallique, un train escamotable, une béquille de queue fixe et un moteur Hispano-Suiza 12 Y-31 de 12 cylindres en V.
La version présentée durant le meeting est un avion produit par la firme EKW sous la désignation D-3801 HB-RCF (D-3801 n°194, ex J-143), basé à Bex en Suisse, et reste le seul et unique exemplaire en état de vol. Propriété d’Eric Chardonnens et de l’Association Morane Charlie Fox, il participe à de nombreux meetings aériens.
Pourvu de toutes les qualités des avions de combat actuels, dont les coûts sont relativement réduits et qui offrent d’excellentes performances, le McDonnell Douglas F/A-18 Hornet présente à la fois une remarquable polyvalence et la sécurité que lui confèrent ses 2 réacteurs. Conçu à l’origine pour les besoins de l’US Navy, il n’est pas une réalisation de McDonnell Douglas Corporation (aujourd’hui Boeing), mais de Northrop Corporation de Los Angeles.
Cet avion d’attaque destiné aussi bien à l’US Navy qu’aux Marines Corp, devait être réalisé conjointement par McDonnell Douglas et Northrop. L’évolution de cet avion amène les bureaux d’étude à le modifier en augmentant sa surface alaire, destinée à réduire le plus possible la vitesse d’approche, tout en augmentant aussi la capacité de ses réservoirs internes, qui finissent par atteindre 4.900 kg. La structure est renforcée pour permettre les catapultages et l’emploi d’une crosse d’appontage. L’avionique embarquée autorise l’utilisation de l’avion par tous les temps, de jour comme de nuit. Sa voilure devient repliable et il est pourvu d’une perche de ravitaillement en vol.
La très belle présentation en vol du F/A 18 Hornet suisse est faite par le capitaine Nicolas «Vincent» Rossier, pilote de F/A-18 au sein de l’escadrille d’aviation 17. Depuis 2017. Le Fribourgeois a déjà comptabilisé plus de 1900 heures de vol, dont 1500 sur jet, y compris 900 sur le F/A-18 Hornet.
Pour clôturer cette mémorable édition du “Temps des Hélices”, la patrouille de France et ses 8 Dassault Alpha Jet se présente devant nous dans sa nouvelle présentation 2018.
Quand on a le goût de la compétition, on peut toujours faire mieux, plus, toujours plus… L’édition 2019 devrait nous apporter son lot de surprise et de spectacle.
Plus que 327 jours avant la prochaine édition…
2 Comments
Toni
Bravo! Elles sont magnifiques vos photos!
Jacques OZIEL
Bonjour, merci d’avoir pris le temps de lire mon article, et de commenter mes photos. Nous faisons en sorte d’apporter à nos lecteurs toute l’information et l’illustration qui va avec, pour tenter de l’immerger complètement et lui faire partager l’évènement auquel nous avons assisté . Continuez à nous suivre d’autres articles relatifs à de nombreux meetings vont suivre prochainement. Cordialement